Rassemblement National Des Victimes De Délinquance Routière 17 Mai 2014 PARIS

Discours pour le rassemblement du 17.05.2014

 

Bonjour à toutes et à tous,


Le but de ce rassemblement en hommage aux victimes de délinquance routière est tout d’abord de rendre hommage à nos proches partis dans d’effroyables circonstances, mais également pour s’aider, se soutenir mutuellement dans notre détresse.


Pour beaucoup d’entre nous, lorsque le drame est arrivé, nous nous sommes sentis démunis, nous nous sommes posé beaucoup de questions, et hélas, personne pour y répondre. Lorsqu’il  y  a un jugement,  les sanctions envers l’auteur sont dérisoires au regard du cataclysme que nous subissons. Le sentiment d’abandon, d’injustice, de colère est inévitable. C’est pour cela  aussi que ce rassemblement a lieu tous les ans aux environs du 16 mai. Pour nous donner la parole, le droit de s’exprimer,  de dénoncer les défaillances judiciaires, car, quoi de mieux pour être compris, que d’échanger avec des personnes qui ont vécu les mêmes drames,  les mêmes injustices et les mêmes scénarios  judiciaires.


Ce rassemblement existe depuis le 16 mai 2009. Cette association a été crée officiellement en 2010. Il y a 6 ans, jamais nous aurions pensé que nous serions encore là en 2014, mais il va de soi que pour nous, cette marche est un symbole pour nos victimes, pour leur montrer que nous les oublierons jamais et que tant que nous serons debout, ils ne seront pas de simples statistiques et de simples faits divers.


Ceux qui nous suivent depuis 2009, connaissent le parcours que  nous avons mené sans relâche. Nous avons eu certes des avancées. Certains parlementaires vont dans notre sens et ont déposé des propositions de loi  à l’assemblée nationale. Comme par-exemple, le même droit aux victimes que les auteurs de faire appel au pénal. Il en est de même pour les cellules de soutien pluridisciplinaires que nous réclamons depuis longtemps pour les familles qui subissent de tels drames. Peut- on encore en 2014, laisser des familles vivre seules ce cataclysme.
C’est un combat très difficile que nous menons puisque nous refusons  la banalisation et l’indulgence des magistrats envers les auteurs d’homicides routiers avec circonstances aggravantes, souvent même multirécidivistes. Nous persistons et nous signons pour dire que ces drames peuvent être évités.

 

Nous constatons au fil des ans, que  malheureusement, de nouvelles familles se joignent à nous mais que dans le même temps, d’autres familles lâchent prise, ce que est compréhensif et si ce rassemblement annuel a pu les aider  à franchir le cap le plus difficile de leur vie, et bien, c’est déjà ça et nous en sommes heureux. Une chose est sûre,  tant que nous aurons la force de continuer, nous ne lâcherons pas. Nous précisons, que, tous les ans, toutes les associations de victimes de la route sont invitées à ce rassemblement. Dommage qu’elles ne se joignent pas à nous car cela nous permettrait d’être plus nombreux et peut-être de peser davantage dans la balance auprès des politiques.

 

Nous savons hélas que la justice continue d’appliquer les sanctions pénales à minima. Nous continuerons de le dénoncer sans relâche. Comme notre gouvernement  semble  vouloir ne rien entendre, nous nous adresserons au parlement européen s’il le faut.
Depuis quelques mois, nous ressentons un mépris de la part de Mme la Garde des Sceaux qui ne répond même pas à nos nombreuses demandes de rendez-vous, tout comme le Conseil National de Sécurité Routière, qui nous a conviés avec d’autres associations le 15 octobre dernier, pour nous entendre sur l’utilité de la  journée nationale des victimes de la route et pour  en déterminer sa date, alors que la date du  22 février « journée européenne de toutes les victimes » était déjà décidée d’avance. La décision définitive serait actuellement dans les mains de la Garde des Sceaux.
Au mois de juin, nous serons devant l’assemblée national toute la semaine si il le faut, pour dire non à la reforme pénale de Mme Taubira. Nous refusons la dépénalisation des délits routiers et les contraintes pénales qui éviteront l’incarcération aux personnes condamnées de 6 mois à 5 ans de prison ferme. Nous vous ferons connaitre la date sur le site et un mail sera envoyé aux adhérents.

 

S’il n’y a plus de place dans les prisons, ce n’est pas notre affaire, mais la justice et le gouvernement se doivent de protéger les citoyens. Le nombre de personnes qui perdent la vie continue d’augmenter depuis 3 mois et nous savons très bien que cela ne vient pas de la météo mais du message laxiste que le gouvernement continue d’envoyer, ce qui ouvre les portes à de nombreux chauffards.
Au nom de nos proches, de nos enfants, amis, familles qui ont payé le prix fort, continuons de nous soutenir et de nous tenir la main.

 

Nous avons besoin d’aide. Si des personnes souhaitent s’investir dans l’association, elles seront les bienvenues. Merci de nous le faire savoir.
Nous remercions infiniment tous ceux qui ont pris une adhésion. Comme vous le savez, nous  fonctionnons qu’avec vous, nous refusons toutes subventions. Nous avons demandé que notre association soit reconnue d’intérêt général afin que les adhérents puissent déduire de leurs impôts les sommes versées à l’association. Nous attendons la réponse. Mais c’est pas gagné.

 

L’assemblée générale aura lieu au mois d’Août. Nous vous ferons connaître le lieu et la date sur le site et par mail. Nous sommes une association nationale et il est très difficile  de faire venir les adhérents. A moins d’être en vacance dans le coin pour certains, c’est compliqué pour les autres. Il nous faudrait un gros logiciel de conférence. Pour l’instant nous avons skype. (10 personnes maximum) Si des personnes ont des idées ? A étudier.

 

                           DISCOURS DE SONIA 

 

Chers parents, chers grands-parents, chers frères et soeurs, chères familles, chers amis,

 

Vous êtes tous réunis aujourd'hui afin d'unir vos douleurs, afin de crier vos souffrances, afin de combattre cette injustice. Vous êtes là, unis, soudés, liés par ce Collectif qui mène de front et à bout de bras ce combat. 
Je suis présente tous les ans depuis la première marche. A vos côtés. Coûte que coûte. Cette année je n'ai pu me joindre à vous physiquement. Mais nombreux sont les parents qui ont emporté une partie de moi avec eux. Mon coeur tout entier est là, parmi vous, avec vous. 


C'est lorsqu'on perd un être cher que l'on se sent malheureusement concerné. C'est d'ailleurs comme cela que j'ai connu la plupart d'entre vous… Après toutes ces années à vos côtés, après tout ce combat mené et embarqué, c'est cette même question qui me revient souvent : pourquoi ? Pourquoi faut-il y être confronté pour se sentir concerné ? Et la réponse la plus simple reste l'insouciance… Je pense. Il est vrai que, malheureusement, il faut se retrouver face à cette terrible réalité pour comprendre. Pour combattre. Pour tenter de se relever chaque jour. Je côtoie depuis toutes ces années des parents perdus, vidés et, pourtant, des parents déterminés qui se battent quotidiennement pour tenir debout. Je sais leur détresse.


A vous, parents et familles, je tenais à vous dire tout mon profond respect, toute ma gratitude et toute ma reconnaissance face à cette force qui vous domine et vous permet d'avancer un peu plus chaque jour. Du fond du coeur, j'admire votre détermination et votre courage.


A toutes les personnes qui ont la chance de ne pas se sentir concernées, qui pensent encore que cela n'arrive qu'aux autres, qui croient la vie éternelle et leur corps invincible… A vous tous, jeunes et moins jeunes, n'attendez pas de vous trouver face à un cercueil pour vous sentir concernés. Parce que n'importe quand, vous pouvez être ces Autres pour qui la vie bascule en une fraction de seconde. Pensez-y… Nous sommes tous concernés. Il n'y a aucune exception. C'est pourquoi nous devons tous être unis et liés à tout jamais.


Enfin pour finir, je tenais à vous dire, pour toutes les familles que je connais, qui me connaissent, que toutes vos belles étoiles sont une à une dans mon coeur. Je connais leurs visages, leurs histoires, leurs drames. Ils sont encrés profondément en moi… Ainsi je tiens par ces quelques mots à leur rendre hommage, à leur envoyer toutes mes plus tendres pensées, à leur souffler tous mes plus doux baisers. Parce que de là où ils sont désormais, ils peuvent être fiers de ce que vous faîtes. Et je sais qu'ils le sont. A vous, LES étoiles, VOS étoiles, NOS étoiles, MES étoiles…

 

continuez de veiller amoureusement sur tous ceux qui vous aiment.
Et comme le dit si bien Cathy : "on s'attache et on ne se lâche pas !"
Je vous embrasse tous du fond du coeur.
Sonia Vandoux.

 



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