L'Union Ardennais

BOGNY-SUR-MEUSE - MONTHERMÉ Une antenne locale du collectif des victimes de la route




En 2009, le camping du Port-Diseur avait été le cadre bien involontaire d'un terrible accident mortel.



Françoise Morelle, dont le fils Sylvain a été tué en 2009 devant le camping du Port-Diseur, a créé une antenne du collectif Justice pour les victimes de la route.


LE drame avait fortement marqué les esprits et nombreux sont ceux qui s'en souviennent encore.
Le 19 septembre 2009, sur la RD 1, devant l'entrée du camping, Sylvain Marchal, un motard de 28 ans demeurant dans le quartier de la Vinaigrerie, à quelques centaines de mètres du lieu du drame, avait été tué dans un effroyable accident de la circulation.
Le jeune homme arrivait de Monthermé. Une voiture tractant une caravane, conduite par un Hollandais, venait, elle, de Bogny-sur-Meuse et tournait sur sa gauche pour entrer dans le camping de Port-Diseur. Le choc, terrible, avait été fatal à Sylvain Marchal.
« Sylvain a perdu la vie dans une collision avec un ensemble caravane monospace qui lui barrait la route, sur une portion où il n'avait que 30 m de visibilité et où à 50 km/h, il faut 42.60m pour stopper une moto, la route formant un dos-d'âne à cet endroit » rappelle sa maman, Françoise Morelle.
Celle-ci est révoltée par la tournure prise par la procédure judiciaire qui a suivi.
« Malheureusement, le conducteur hollandais est décédé avant la deuxième audience et le dossier d'instruction a été clos, avec à l'intérieur le rapport de l'expert que nous, famille et partie civile, ainsi que notre assureur n'avons pu consulter, ni recevoir de copie, de même que notre avocat ».
La mère de la victime est révoltée contre ce qu'elle considère comme un laxisme de la justice française.
Un sentiment de laxisme
« Vingt mois après, nous en sommes au point de départ. Nous attendons la suite du procès au civil, mais ce rapport d'expert est la pièce maîtresse du dossier. Nous avons même été évincés de la deuxième audience du 14 mars dernier, parce que le présumé responsable est décédé en Hollande le 12 décembre 2010. Voilà comment la justice française traite les familles de victimes dans ce pays ! »
En dernier recours, elle vient donc de créer une antenne du collectif « Justice pour les victimes de la route », né « sous l'impulsion de parents, amis, proches qui ont dû mettre en terre un enfant, un être aimé ou subir au quotidien les séquelles irréversibles d'un accident de la voie publique » explique la fondatrice de l'association, une habitante de l'Hérault, Cathy Bourgoin. « Ce collectif se bat contre le laxisme de la justice de ce pays envers les délinquants de la route. Hors, comme vous le savez, il ne se passe pas une semaine dans notre département sans qu'un accident grave ou mortel ait lieu ». De son côté, Me Deslandes, son avocat, explique que la première expertise n'a pas été menée à son terme et que l'action publique a été éteinte du fait du décès du conducteur. Reste la procédure civile. Pour se faire, le défenseur de Françoise Morelle explique qu'il a fallu « repartir de zéro ».
Il a demandé une nouvelle expertise, dont il attend prochainement les conclusions, pour poursuivre son action à l'encontre de la compagnie d'assurances de l'automobiliste.


Mirko SPASIC



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