Article Du Parisien du 18 Mai 2015

Paris : Ils ont défilé contre la délinquance routière

 

 

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 Samedi, rue du Bac (VIIe) Le collectif contre la délinquance routière et pour le souvenir des victimes s’est rassemblé pour défiler et interpeller les parlementaires(LP/C.C.)

Un funeste jour de mai, son fils sortait de l’école. Il a croisé un chauffard qui l’a percuté si fort que « ses copains de classe croyaient qu’il allait rester accroché à l’arbre ». Tommy est mort. Il allait fêter ses 13 ans trois jours plus tard.

Samedi, Catherine, sa maman, qui habite à Orly (Val-de-Marne), a défilé àParis avec 160 manifestants du « collectif contre la délinquance routière et pour le souvenir des victimes ». Vêtus de tee-shirt blanc, portant la photo de l’être cher disparu, rose blanche à la main, arborant des pancartes « chauffard, briseur de vie », ils se sont donnés rendez-vous rue du Bac (VIIe) pour marcher ensuite en direction de l’Assemblée Nationale « afin d’interpeller les parlementaires », puis devant le Ministère de la Justice où ils ont procédé à un lâcher de ballons.

« Je n’ai plus jamais été capable de rentrer dans la chambrede mon fils », souffle Catherine, mère de 6 enfants, qui évoque « une famille anéantie ». « Quand j’avais besoin de quelque chose, j’envoyais mes enfants le chercher ». Pour finir, la famille déménagera. « Ce n’était plus possible ». Pourtant, si le chauffard de Tommy n’a été condamné qu’à 150 € d’amende, 6 mois de prison avec sursis, un an de retrait de permis de conduire, cette maman « n’en veut pas au juge ». Mais selon Catherine, « la loi est mal faite ».

Le collectif pointe que depuis janvier 2015, le nombre des morts sur les routes est reparti à la hausse. Rien que pour Paris, il y a eu depuis le début de l’année, 1 883 accidents (voir encadré). Le collectif réclame « une vraie politique de sécurité routière ». Et estime que « les sanctions pénales ne sont plus dissuasives car les chauffards, souvent récidivistes, ne sont sanctionnés qu’à minima ».

Catherine n’a cependant pas de haine. La mère de famille penche plutôt pour de la prévention et des condamnations « pédagogiques », comme « des travaux d’intérêt généraux dans des services d’accidentés de la route ».

 

Reste que ce dimanche après-midi, devant l’Assemblée Nationale, parmi les 577 invitations lancées par le collectif aux parlementaires, seul Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, s’est déplacé. « Les faire bouger, regrette Jocelyne Ravet, qui, elle, a perdu sa fille, fauchée par un jeune conducteur qui roulait trop vite sur une petite route, c’est mission impossible ».

 

 

2 126 victimes de la route à Paris depuis janvier

« Le début de l’année a mal commencé en termes d’accidents, reconnaît Michel Barthélémy, commissaire de police, chef de projet sécurité routière à Paris, avec un mois de janvier particulièrement meurtrier ». Depuis janvier, en effet, Paris comptabilise 2 126 victimes de la route (blessés et tués), dont 19,47 % dans la catégorie des 4 roues (voitures et camions), 26,06 % chez les piétons, 7,71 % de cyclistes et le plus fort, 46,75 % parmi les deux roues motorisées. En 2014, il y avait eu à Paris 6 507 accidents qui ont fait 7 548 victimes, avec une baisse des personnes touchées chez les piétons mais une forte hausse chez les utilisateurs des 2 roues. Pour mémoire, 39 personnes ont été tuées dans des accidents de la route en 2012.

Pour tenter d’enrayer ces chiffres, la préfecture de police met régulièrement en place des opérations « pédagogiques » auprès du grand public, comme la « quinzaine régionale de la sécurité routière », qui aura lieu à la fin du mois. Pour Michel Barthélémy, il est important de cibler en amont les enfants. En 2014, 52 727 enfants des écoles primaires ont passé leur « permis piéton ». A la fin du mois, les policiers interviendront au collège Daniel Mayer (XVIIIe). Côtés adultes, la préfecture et le parquet de Paris développent « l’opération alternative à la sanction ». « Lorsqu’on interpelle un automobiliste ou un 2 roues sur une infraction, décrypte Michel Barthélémy, on lui propose un atelier d’une matinée ou d’un après-midi sur la sécurité routière. S’il accepte de venir, son PV est annulé ainsi que le retrait éventuel de points ». En 2014, 247 cyclistes, 227 deux roues et 45 automobilistes ont suivi cet atelier.



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