Courrier envoyé à tous les parlementaires européens

Messieurs les députés, Mesdames les députées,

 

Nous sommes un collectif de soutien aux victimes de la route. Notre association nationale reconnue d’intérêt général a été crée en 2010.

Si nous nous tournons vers vous aujourd’hui, c’est parce que nos différents rendez-vous aux ministères, (justice, intérieur, santé et  transports) depuis 2009 à ce jour et à plusieurs reprises, n’ont reçu qu’un faible écho, guère plus de résultats auprès des sénateurs et des députés rencontrés in situ: aberrant  pour les innombrables familles concernées.

Nous pouvons penser qu’ils ne sont ni désintéressés, ni incompétents, mais qu’ils ne disposent pas du pouvoir nécessaire. Voilà pourquoi, nous avons besoin de votre appui pour qu’à minima, notre pays applique les lois qu’il vote.

En matière de sécurité routière, notre pays à mis en place un parc important de radars pour calmer les ardeurs de certains conducteurs et la répression est très présente sur tout le territoire.

Lorsqu’un conducteur commet une infraction, celle-ci donne lieu à une amende et lorsqu’il  en commet plusieurs, celles-ci se cumulent et doivent être réglées dans un délai imparti.

Pour les homicides routiers avec plusieurs circonstances aggravantes,  ce n’est pas le cas. Au contraire. Au cours des jugements, ces circonstances aggravantes se transforment comme par miracle en circonstances atténuantes pour les auteurs, les peines encourues pour chaque circonstance aggravante ne sont jamais cumulées. Nous détenons de très nombreux exemples de jugements en ce sens que nous sommes prêts à vous fournir.

Tout ce processus judiciaire est pour nous, familles de victimes, une injustice criante. Le résultat de ce jugement que nous attendons tous avec impatiente depuis plusieurs mois, voir plusieurs années, ne fait qu’amplifier notre chagrin et réactiver notre colère. Non pas que la sanction pour nous ne sera jamais assez grande, mais parce-que les rôles sont inversés. L’auteur devient la victime. Inacceptable pour les familles. Un délinquant routier ne doit  pas être épargné par les pouvoirs publics, des sanctions qu’il mérite, au détriment de familles entières par victime, qui n’auront par ce verdict,  aucune chance de trouver un apaisement et encore bien moins la moindre chance de faire leur deuil. Plus que l’auteur, le tribunal nous a  condamnés à vie.

Après le jugement, que dire de la préoccupation qui va nous hanter de savoir si la peine aussi légère qu’elle soit, va bien être exécutée par l’auteur, si celle-ci ne va pas être réaménagée par le J.A.P et  si ce dernier voudra bien nous communiquer ce nouvel aménagement de peine que l’auteur respectera ou pas ?

Par ces décisions de justice aussi clémentes, le risque de récidive est augmenté et beaucoup de  décisions en notre possession montrent bien cette réalité. Dernier exemple récent : Un conducteur alcoolisé  a tué  à 2 ans d’intervalle, presque jour pour jour dans les mêmes circonstances.

Nous ne nous étendrons pas dans ce courrier sur les très nombreux classements sans suite, des familles privées de procès pour cause d’enquêtes bâclées. Le ministère de la justice nous a promis à 2 reprises de nous communiquer le nombre annuel de classement sans suite. Nous ne l’avons jamais reçu. Nous ne parlerons pas non plus des familles laissées à l’abandon à l’annonce du drame, qui vont dans un état second parcourir des kms en voiture pour aller reconnaître leur proche, souvent leur enfant, défiguré à l’hôpital où à la morgue. Dès le lendemain, choisir le cercueil, se lancer dans les méandres de la justice toujours sans aide etc.…. etc.…. inhumain ….

Toutes ces injustices et le non suivi de nos dossiers, parfois même perdus dans les ministères, nous ont conduits  à vous demander un rendez-vous afin de discuter de ces problématiques récurrentes  ainsi que de la dépénalisation des délits routiers, comme la conduite sous l’empire de l’alcool jusqu’à 0.80g ou la conduite sans permis, qui est en préparation dans les cartons. Choquant pour les victimes et les familles qui se demandent de quel droit et au nom de qui ou de quoi, certains députés sont prêts à risquer la  vie des citoyens en faisant de telles propositions.

Nous sommes prêts à vous rencontrer à Strasbourg ou à Bruxelles.

Nous sommes certains que notre courrier retiendra toute votre attention.

Nous vous prions d’agréer, Messieurs les députés, Mesdames les députées,

L’expression de notre haute considération.

                             



Les réactions

Avatar Françoise Morelle

L'on dit toujours qu'il faut mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints . pour ceux qu'il le peuvent !!!! prions donc pour être entendus !

Le 29-01-2015 à 15:18:29

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