Témoignage De La Mère De Jéremy

Bonjour,
je suis la maman de Jérémy VERDOUX, décédé d'un accident de moto le 9 juillet 2013 dans notre commune à l'âge de 25 ans, alors qu'il se rendait à son travail. Un camion benne lui a coupé la route en tournant à gauche devant lui. Jérémy qui roulait à 40 Km/H a freiné jusqu'à bloquer la moto, et a été éjecté contre le bras élévateur derrière la cabine du camion. Il roulait depuis l'âge de 14 ans sur un deux roues et n'avait jamais eu d'accident. Quelle stupeur lorsque nous avons appris que ce criminel de la route de 24 ans était à l'origine d'un accident 2 ans jour pour jour soit le 9 juillet 2011, il doublait aux alentours de 23 heures une voiture sur une ligne continue et prenant de plein fouet un scooter dont le passager est décédé et le conducteur dans un état grave qui part la suite a été amputé d'une jambe. Pour ce premier accident il a été condamné à 18 de prison dont 16 avec sursit, les 2 fermes ont été commués en amandes, avec annulation de permis avec interdiction de le repasser il me semble pendant 3 mois. Deux ans après, il se lève le matin, prend son camion (il est artisan maçon) et passe par Fonsorbes pour aller dans un chantier avec son jeune frère de 16 ans. Ce matin là, il n'a eu aucune pensée pour ses premières victimes, la preuve. Le procès a eu lieu en janvier 2014, il a été condamné à 2 ans de prison dont 1 avec sursis, quelques infractions (surcharge de la benne, feu cassé, feuille de route non a jour......) aucune amende pour avoir tué notre fils.Il a fait appel de cette décision. Dans toute cette affaire nous n'avons eu aucun soutien, le gendarme nous a dit " il y a pire que ça". rendez-vous compte comme s'il y avait pire que de perdre un enfant, c'est ignoble, il méritait notre point dans la figure, quand au juge, il a été charmant avec le criminel et désagréable avec mon mari, lui coupant la parole et le priant d'aller s'assoir. Jérémy était un jeune homme merveilleux, généreux, agréable, dessinateur projeteur, aimant son travail, aimé de tous, ses collègues, ses amis. Et aimé de nous par dessus tout. Il vivait encore chez nous, mais avait projeté de prendre son indépendance. Il avait de nombreux projets, il savait tout faire, remonter un moteur de voiture, un ordinateur, cuisiner.... Il nous a donné tant de joie.
Il nous manque tant, nous vivons dans la douleur depuis ce 9 juillet 2013, mais aussi dans la révolte contre ce chauffard et contre la justice qui jusqu'à présent n'appliquait pas la loi, et aujourd'hui qui va laisser en liberté tous ces criminel vivre en toute impunité. Je vous fais parvenir dès demain un chèque d'adhésion à votre association, et souhaite être présente au rassemblement à Paris. 
Vous trouverez en P.J. une photo de Jérémy ainsi qu'un article de la dépêche.
Je vous lis tous les jours sur facebook et me reconnais dans tout ce que vous publiez, et tout cela me fait chaud au coeur. 
A très bientôt j'espère
Michèle VERDOUX

 

 

Aprés le proces, lorsque l'autre a fait appel, mon avocate m'a dit qu'elle allait écrire pour que le procureur face appel aussi. A la sortie du proces, nous avons pu parler avec lui, il a été trés abordable, il nous a dit qu'il pensait qu'il ne ferait pas de prison, quelle a été ma réaction, tu peux bien imaginer, puis m'a dit qu'il fallait que j'évacue ma colère, pour me permettre d'avancer, mais comment arriver à cela quand tu te rend compte que nous sommes ignorés, nous ne représentons rien pour eu, un dossier, un numéro. Et nos enfants, qui avaient tout pour être heureux, c'était le cas de Jérémy, et tant d'autres.....et le vie devant eux.......le criminel a 25 ans aujourd'hui, une vie de couple harmonieuse, il n'y a qu'à voir au tribunal, bientôt des enfants, alors qu'il tue les enfants des autres, c'est si révoltant tout ca, ça me hante jour et nuit. Il vivra le bonheur d'avoir des enfants, j'en suis malade. Thierry mon mari, m'avait dit tout au début qu'il ne fallait rien attendre de ce procés que c'était jugé d'avance, qu'il ne servait à rien d'alerter Fr3, la dépêche, je l'ai fait , et il avait raison. Quand on voit les peines appliquées aujourd'hui, quelle honte, les victimes ne représentent rien. Pour jeremy, la responsabilité du chauffard est entièrement a sa charge bien sur, tous les témoins l'ont affirmés, mais quand il n'y en a pas, comme par hasard, ce sont toujours les chauffards qui sont dans leur droit. Et la récidive en période de sursit, tout ça ne sert a rien, la preuve, il n'a pas été incarcéré aussitôt, il a même demandé par son avocat que le juge oublie son sursit, heureusement ca a été refusé, mais c'est tout comme, vu qu'il vit pour l'instant en toute impunité, et dans quelques temps il repassera le permis pour la 3ème fois. J'alerterais la préfecture quand le criminel sera autorisé à repasser son permis, pour savoir s'il existe un stage particulier pour les auteurs de crimes routiers. 

 

Articles de presse  La dépêche du 28/01/2014

 

Deux fois meurtrier sur la route, à deux ans d'intervalle

Publié le 28/01/2014 à 08:15

tribunal

En juillet 2013 à Fonsorbes, un jeune artisan a tué le conducteur d’un deux-roues. Deux ans plus tôt, ce même conducteur avait déjà été impliqué dans un accident mortel de la route.

«L’accident a lieu à la date anniversaire». Le président Roussel donne le ton, hier, d’une audience correctionnelle cernée par le chagrin. Thomas L., jeune chef d’entreprise de 23 ans, comparaissait pour avoir causé un accident de la route, avec un camion benne en surcharge, le 9 juillet 2013 à Fonsorbes. Cet accident, tragique, a coûté la vie à un motard de 21 ans, Jérémy qui se rendait à son travail. Il était dessinateur. Il avait l’habitude de circuler sur un deux-roues depuis l’âge de 16 ans. Ses amis assistent à l’audience, avec des tee-shirt à son effigie.

Paroxysme dans le drame, le président signale justement qu’à cette même date, deux ans auparavant, Thomas a également provoqué un accident mortel de la circulation. «J’essaye de comprendre ce qui s’est passé. J’ai regardé avant de tourner. Je n’ai pas vu qu’il y avait quelqu’un sinon je n’aurai jamais pris l’initiative de passer. Je sais que c’est grave, surtout pour la famille. Je vis un vrai cauchemar. C’est la même date, deux ans jour pour jour. C’est impossible», raconte, effondré, le jeune homme à la barre.

Le père de la victime fait entendre son mécontentement et sa colère : «On ne comprend pas qu’il ne puisse pas expliquer ce qui s’est passé. Ici, il n’y a que nous qui avons le droit de pleurer». L’avocate bordelaise, qui assiste la famille, Me Amélie Sadeghian, rappelle : «La famille est bouleversée. Ce drame perturbe son équilibre : Jérémy a un frère aîné handicapé. Il avait besoin de lui».

Deux ans de prison requis

Le procureur Francis Boyer se lève et marque un silence complet. La salle l’accompagne. «Juste quelques instants de silence pour m’associer à la douleur de la famille. Je suis persuadé que c’était un jeune homme fort sympathique. Je souhaite que vous trouviez la sérénité avec l’immensité de la douleur qui ne s’effacera jamais. Jamais personne ne vous le rendra».

Il requiert deux ans de prison dont un an avec sursis et mise à l’épreuve. Il sollicite l’annulation du permis ainsi que l’interdiction de le repasser pendant trois ans. Il souligne, aussi : «Le conducteur n’avait consommé ni drogue, ni alcool, ni commis aucune infraction dangereuse».

L’avocat de cet homme, Me Georges Catala vient à son tour glacer le sang : «Lorsque le drame rentre dans le prétoire, je crois qu’il appartient à chacun de respecter les douleurs. Et en même temps, il faut suggérer au tribunal de prononcer une bonne justice. De part et d’autre, ce sont deux bonnes familles. Et au milieu : c’est la fatalité. C’est un cas cristallin d’un fait involontaire». Aux yeux de la défense, la prison n’est pas envisageable. «Cette faute involontaire n’a pas été souillée. Alors cette faute mérite-t-elle la prison ferme ?»

Décision le 10 février.

 

Articles de presse La Dépêche du 18/02/2014

 

 Le tribunal correctionnel a condamnéhier le responsable d’un accident mortel à 24 mois de prison dont 18 mois avecsursis et mise à l’épreuve. Un sursis de 16 mois a également été révoqué.

Comment juger un homme responsabled’un accident de la route ? Comment juger cet homme âgé de 24 ans quand, deuxans plus tôt, jour pour jour, il a déjà ôté la vie à une personne sur la routealors qu’il partait chercher sa femme en pleine nuit ?

Le dossier d’homicide involontairejugé hier par la VIe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance deToulouse posait beaucoup de questions. Presque autant qu’il soulevait d’émotiondans la famille de Jérémy Verdoux, fauché au guidon de sa moto alors qu’ilavait 25 ans. C’était à Fonsorbes le mardi 9 juillet 2013.

Après trois semaines de délibéré, letribunal a condamné Thomas Larribere, 24 ans, à 24 mois d’emprisonnement dont18 mois avec sursis et mise à l’épreuve plus quatre amendes de 75 €. Lors del’audience le lundi 27 janvier, le procureur Francis Boyer avait requis deuxans de prison dont un an ferme. Le jugement rendu hier impose six mois deprison ferme auxquels s’ajoute la révocation d’un sursis de 16 mois prononcépar jugement d’avril 2012 concernant le premier accident mortel - le mêmeconducteur avait, dans la nuit du samedi 9 juillet 2011, heurté deux jeunes quipoussait un scooter près de Beauzelle ; un des jeunes avait été tué, son amiaujourd’hui âgé de 21 ans a été grièvement blessé et il a dû être amputé d’unejambe.

Le conducteur va donc devoir purgerune peine de 22 mois de prison après décision du juge d’application des peines.Comme le prévenu se trouve en récidive légale, son passage en détention sera auminimum de dix mois avant de pouvoir obtenir un aménagement de peine avec unemesure de semi-liberté (la nuit en prison, la journée en extérieur) ou unbracelet électronique.

Le prévenu peut également faireappel de cette décision. «Pas principe nous allons faire appel, annonce sonavocat Me Georges Catala. On ne met pas en prison un homme responsableinvolontaire d’un accident. Ce jour-là, cet homme allait travailler au volantd’un camion. Malheureusement il a croisé la moto et il est responsable del’accident mais sans avoir commis de faute. Il n’avait pas bu, pas pris dedrogue. Sa place n’est pas en prison.»

 

«Il nous atout pris»

La famille de Jérémy Verdoux, aassisté hier au délibéré, sans tout comprendre la décision rendue. «Notreavocate, Me Sadeghian, nous a expliqués. Mais je ne comprends pas. La loiprévoit pour maladresse, imprudence ou manquement à une obligation de sécuritéune peine de 3 ans et 45 000 € d’amende. Pourquoi se contenter de quelque mois?, interroge la mère de la victime. Le jour de l’accident, cet homme expliquequ’il ne l’a pas vu. Jérémy ne roulait pas vite, c’était une ligne droite, lesoleil se trouvait dans le dos du camion. Comment ne l’a-t-il pas vu ? C’estdifficile à accepter surtout deux ans après avoir déjà tué sur la route. Celadevrait le rendre encore plus attentif, encore plus prudent. Force est deconstater que non. Il a recommencé à conduire sans respecter les règles. Etnous, il nous a tout pris, il nous a tout enlevés. Je ne verrai pas grandir monfils. Je n’aurais pas la chance de découvrir mes petits-enfants. Et la justice,malheureusement, nous avons le sentiment qu’elle ne nous a pas écoutés.»

 



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