NON AU 22 FÉVRIER Pour La Journée Nationale Des Victimes De La Route

 

ces courriers ont été envoyés au Président de la République ainsi qu'au Ministre de l'Intérieur .

Merci à tous ceux qui l'ont envoyé ou vont le faire 

 

Monsieur le Ministre,

 

Le Comité Nationale de sécurité routière vient de voter le 29 novembre une série de mesures de sécurité routière, parmi  lesquelles se trouve « La journée Nationale en hommage aux victimes de la route » que nous réclamons depuis plusieurs années.

 

Nous sommes très surpris d’apprendre que cette journée est  proposée le 22 février « Journée européenne de toutes les victimes ». Nous avons été auditionnés le 15 octobre dernier par le Président du CNSR,  Mr Jung, en présence de Mme Chantal Perrichon, Présidente de la Ligue contre la violence routière et membre du bureau du CNSR et du  Dr Michèle MUHLMANN-WEILL experte au CNSR. L’objectif de cette réunion était de recueillir nos arguments  sur l’utilité de cette journée et de savoir s’il fallait créer une journée spécifique ou bien l’associer à une journée déjà existante, comme la journée mondiale des victimes de la route qui se situe aux alentours du 30 novembre ou bien  la journée européenne  du 22 février. Nous avons répondu à la majorité « une journée spécifique ». Nous avons donc proposé le 16 mai (parce - qu’il faut une date et que celle-ci correspond à la date de notre 1ère marche à Paris en 2009) ou au printemps  pour des raisons que nous leur avons expliquées et que vous trouverez ci-dessous.

 

Pourquoi nous refusons le 22 février « Journée européenne des victimes » ? Parce que ce n’est pas le même combat. Les violences faites aux personnes sont des délits volontaires, ils sont sanctionnés comme tels, pour les plus graves, punis aux assises. Tandis que les accidents de la route et les homicides routiers, le plus souvent avec  plusieurs circonstances aggravantes, tels que l’alcool, la  récidive, la vitesse, les nouvelles technologies, etc.… sont considérés par la justice Française comme involontaires. Par conséquent,  punis de très légères peines, ce qui contribue fortement à leur banalisation.  Nous craignons que la journée des victimes de la route associée à la journée de toutes les victimes passe inaperçue du fait que la violence routière est  jugée comme involontaire.

 

Nous ne voulons pas une journée gadget. Nous souhaitons une journée percutante en hommage à toutes les victimes de la route pour mettre en lumière les difficultés auxquelles les victimes et les familles de victimes sont confrontées.

 

Aucune prises en charge immédiate lorsque le drame se produit. Lors de la perte d’un proche, les familles sont seules. C’est le chaos. Malgré l’inacceptable et le chagrin, elles doivent  rester dignes coûte que coûte, faire face à leurs obligations. Se déplacer à l’hôpital pour reconnaître leur proche, pour la plus part d’entre nous, notre enfant,  mutilé, défiguré et  réceptionner ses effets personnels dans un sac poubelle. Se rendre aux pompes funèbres, choisir le cercueil, se trainer dans les administrations, entreprendre le parcours du combattant pour atteindre un semblant de justice ou plus généralement,  à la moindre difficulté de l’enquête ou lorsqu’il n’y a pas de témoin, un classement sans suite. Nous en profitons au passage pour dire, qu’en termes de justice, cela ne va pas s’arranger avec la nouvelle réforme que Mme Taubira, Ministre de la justice souhaite mettre en place  qui comprend la dépénalisation des délits routiers. Notre avenir ne sera  pas meilleur, car il va falloir vivre sans nos proches,  ne plus en parler pour ne pas blesser, ne pas choquer, ne pas faire de peine à notre famille, à nos amis, au risque de les perdre. Bref le sujet devient tabou et c’est l’enfermement  pour la majorité des victimes dans un mutisme nocif qui peut mener à différentes pathologies. Il faut mettre un terme à cette solitude en sortant ces personnes de l’isolement.

 

C’est pour tout cela Mr le Ministre que nous souhaitons une journée bien spécifique.  Nous souhaitons une reconnaissance du statut de victimes d’accidents de la route, y compris pour les membres de la famille des personnes décédées.

 

Les familles ressentent le besoin de se retrouver entre elles, car elles se comprennent mais ont peu de moyen de se connaitre et de se regrouper. Mise en lumière, notamment via les médias, cette journée des victimes faciliterait ces regroupements salutaires.

 

Cette journée aurait un effet de prévention auprès des personnes non touchées car les victimes sont le symbole de cette phrase «ça n’arrive pas qu’aux autres », expression qui doit être débanalisée afin d’opérer une prise de conscience de la population dans sa globalité.

 

Pourquoi préférer une journée qui pourrait se situer au Printemps : La saison du printemps (2 propositions de lois pour le 16 mai) autorise plus facilement les rassemblements, permettant aux personnes concernées (victimes, parents et amis) de se rencontrer, de se rassembler, de pouvoir parler librement et sans tabou de leur statut de victimes d’accident de la route, entre eux. C’est d’abord et avant tout pour elles que nous demandons cette journée, pour qu’elles sortent de l’oubli.

 

Il doit être possible également de mettre à profit cette journée pour organiser, à moindres coûts, des opérations de prévention, de faire savoir au reste de la population que nous existons. Il est déjà suffisamment difficile de perdre des proches qui nous fuient pour ne pas parler de nos problèmes. Il faut que notre république accepte que l’on parle de ses tabous. Nous voulons que cette journée fasse réfléchir la population sur les drames de la route qui ne sont pas une fatalité. Nous voulons être utiles aux autres, à la société, dans un esprit solidaire.

 

Nous voulons cette journée digne, dans le respect des victimes.

 

Les épreuves et examens scolaires qui vont avoir lieu et il est bon de rappeler à tous ces jeunes la prudence à l’occasion des soirées qu’ils organisent en fin de scolarité pour certains et tout simplement en fin d’année scolaire pour d’autres.

 

Il est également bon en cette période, de rappeler aux parents les risques pris par leurs enfants, de faire savoir que ça n’arrive pas qu’aux autres.

 

Le  jour férié de la toussaint qui malheureusement «paralyse» par la douleur morale certains d’entre nous. En ajouter à cette période serait trop.

 

La période du printemps permet donc un équilibre dans l’année pour reparler à toute la population de sécurité routière.

D’avantages de kilomètres sont parcourus par les automobilistes à la sortie de la mauvaise période et les statistiques nous confirment qu’en moyenne, il y a une augmentation des tués sur la route à partir du mois de juin (moyenne relevée entre 2005/2009).

 

Les premières vacances d’été qui commencent et qui  font circuler un nombre plus important de personnes.

 

La fragilité des deux roues en générale car le printemps est également une période où certains «motards» ressortent leur engin après une longue période hivernale, donc un temps, peut être bref, de réadaptation.

 

Les cyclistes du dimanche et tous les utilisateurs de vélos qui se lancent sur les routes à la bonne saison.

 

C’est pour toutes ces raisons, Mr le Ministre que nous souhaitons une journée en hommage aux victimes de la route  au printemps. Il n’est pas trop tard, vous pouvez nous accorder une date au printemps. Nous attendons un geste de votre part car si le 22 février était retenu, les rencontres et les actions seront pour nous impossibles à organiser à cette période.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, l’expression de notre plus haute considération.

 

 

 



Les réactions

Avatar emieux sylvie

ce texte est tout a fait ce que nous avons vecu mis a part que dans notre famille nous parlons d'aurelie ma fille je serai la au mois de mai jespere pouvoir trouver sur votre site comment vous rejoindre

Le 14-02-2014 à 10:32:26

Avatar Sylvie FABRE

Monsieur le Ministre de l'Intérieur, j'espère que vous entendrez notre appel, c'est très important pour nous. Il est déjà très difficile et cruel de vivre sans l'amour que nous avons perdu. Mais je vous fais confiance, je sais que vous ferez le nécessaire. Alors, je vous remercie Monsieur le Ministre de l'Intérieur. Une mamie qui a perdu son petit fils de 7 ans.

Le 21-02-2014 à 19:38:15

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